Table of Contents
Toggle1987 au cinéma : l'année la plus intense du décennie
Mis à jour le 03/07/2026 par Léo Marsanne
1987 au cinéma, c'est une année qui continue de hanter les cinéphiles des décennies plus tard — et pour de bonnes raisons. En douze mois, les salles obscures du monde entier ont accueilli une avalanche de films devenus cultes, de Dirty Dancing à Full Metal Jacket, en passant par le chef-d'œuvre de Louis Malle Au revoir les enfants. Je me souviens encore de soirées à Vichy à ressortir ces vieilles VHS avec des voisins, à débattre jusqu'à minuit de ce que le cinéma de cette époque nous disait sur le monde. Voilà pourquoi j'ai voulu creuser cette année extraordinaire pour vous.
Qu'est-ce qui rend 1987 si marquante dans l'histoire du cinéma ?
1987 est une année charnière parce qu'elle a vu coexister, dans les mêmes salles, le film d'action musclé, le drame intimiste européen et la comédie populaire — un pluralisme rarement aussi fertile. Le box-office mondial était en pleine expansion grâce à l'essor du magnétoscope et des multiplexes, et les studios hollywoodiens comme les cinéastes européens indépendants sentaient le vent tourner : il fallait frapper fort, proposer quelque chose d'inoubliable.
Pour replacer les choses dans leur contexte : selon les données de l'Observatoire européen de l'audiovisuel, la fréquentation des salles de cinéma en France oscillait autour de 130 à 140 millions d'entrées annuelles dans la seconde moitié des années 1980, après une longue traversée du désert. Le public revenait. Et les réalisateurs le savaient.
Ce qui frappe aussi, à la relecture de cette programmation, c'est la diversité thématique : la guerre du Vietnam avec Full Metal Jacket de Stanley Kubrick et Good Morning, Vietnam de Barry Levinson, la violence sociale avec RoboCop de Paul Verhoeven, la nostalgie romantique avec Dirty Dancing, la Résistance française avec Au revoir les enfants... Rarement une seule année avait offert un tel éventail en termes de genres, de registres et de prises de position politiques.
Quels sont les grands films américains de 1987 ?
Les États-Unis ont dominé la production mondiale en 1987 avec une série de titres qui ont tous, à leur manière, défini une époque ou inventé un genre.
| Film | Réalisateur | Genre | Particularité |
|---|---|---|---|
| Dirty Dancing | Emile Ardolino | Drame romantique | Phénomène mondial, BO culte |
| Full Metal Jacket | Stanley Kubrick | Drame de guerre | Diptique vietnamien dévastateur |
| The Untouchables | Brian De Palma | Polar historique | Oscar pour Sean Connery |
| RoboCop | Paul Verhoeven | Science-fiction | Satire sociale sous couvert de SF |
| Lethal Weapon | Richard Donner | Action / buddy movie | Naissance d'une franchise |
| Good Morning, Vietnam | Barry Levinson | Comédie dramatique | Robin Williams au sommet |
| Predator | John McTiernan | Science-fiction / action | Créature iconique |
| Planes, Trains and Automobiles | John Hughes | Comédie | Duo Steve Martin / John Candy |
| The Princess Bride | Rob Reiner | Aventure / comédie | Culte tardif mais durable |
| Fatal Attraction | Adrian Lyne | Thriller psychologique | Débat sociétal majeur |
Full Metal Jacket, de son côté, a divisé la critique mais s'est imposé comme l'une des œuvres les plus radicales sur la déshumanisation par l'armée. Kubrick, fidèle à lui-même, avait reconstitué le Vietnam... dans les docks de Londres. Ce détail seul dit quelque chose de sa méthode.
Le cinéma français en 1987 : une effervescence créatrice
Le cinéma français n'a pas été en reste, loin de là — et c'est peut-être là où cette année devient vraiment extraordinaire.
Sous le soleil de Satan, de Maurice Pialat, a remporté la Palme d'Or à Cannes en 1987, dans un contexte tendu : une partie de la salle avait sifflé, et Pialat, furieux, avait lancé depuis la scène sa célèbre réplique : "S'il vous déplaît de m'aimer, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus." Ce moment d'esclandre est entré dans l'histoire du festival. Le film, adapté du roman de Georges Bernanos, portait Gérard Depardieu et Sandrine Bonnaire dans une réflexion âpre sur la foi, la tentation et le mal.
Mais la pépite de 1987, celle qui a traversé le temps avec la plus grande grâce, c'est Au revoir les enfants de Louis Malle. Film autobiographique sur les années d'occupation et la déportation d'un élève juif caché dans un pensionnat catholique, il a décroché le Lion d'Or à la Mostra de Venise et sept César en 1988, dont meilleur film et meilleur réalisateur. À la revoyure, il n'a pas pris une ride. C'est l'un de ces films que je recommande systématiquement à quiconque veut comprendre la France de cette période — loin des clichés, ancré dans le concret d'une enfance brisée.
Côté comédie, La Femme de ma vie de Régis Wargnier et plusieurs productions populaires venaient rappeler que le cinéma français savait aussi faire rire ou toucher sans prétention.
Pourquoi les films de 1987 sont-ils encore si populaires aujourd'hui ?
La popularité durable des films de 1987 tient à plusieurs facteurs convergents : la qualité intrinsèque de nombreux titres, leur capacité à parler de questions universelles (la guerre, l'amour, la justice, la foi), et le fait qu'ils ont été massivement diffusés sur VHS, puis en DVD, puis en streaming.
Mais il y a aussi quelque chose de plus diffus, que je qualifierais de nostalgie active. Ces films ont accompagné l'adolescence ou la jeunesse d'une génération aujourd'hui quinquagénaire ou sexagénaire — et cette génération transmet ses références à ses enfants, ses amis, ses proches. Je l'observe chaque année à Vichy lors des soirées ciné en plein air : dès qu'un film des années 1980 est programmé, la salle (ou le pré, selon les lieux) se remplit différemment. Il y a une chaleur particulière dans l'air.
Les plateformes de streaming ont également joué un rôle décisif dans la redécouverte de ces œuvres. Netflix, Amazon Prime et leurs concurrents ont réintroduit dans les catalogues des dizaines de films de cette époque, permettant à de nouveaux publics de les découvrir sans la médiation d'une chaîne hertzienne.
Voici quelques raisons concrètes pour lesquelles on revient aux films de 1987 :
- La qualité de l'écriture : les scénarios de cette époque privilégiaient souvent l'arc narratif et le développement des personnages sur le spectacle pur.
- La bande originale : des compositions qui ont marqué les charts et les mémoires (Dirty Dancing, Good Morning Vietnam, The Untouchables avec Ennio Morricone).
- La prise de risque : des réalisateurs comme Kubrick, Pialat ou Malle ne cherchaient pas à plaire à tout le monde, et ça se sent.
- L'ancrage historique : beaucoup de ces films traitent de périodes ou d'événements réels (Vietnam, Occupation, Chicago des années 30), ce qui leur confère une valeur documentaire en plus de leur valeur artistique.
- La sobriété des effets spéciaux : paradoxalement, l'absence de CGI oblige le spectateur à investir davantage son imagination — et renforce l'attachement.
Comment revoir les films de 1987 dans les meilleures conditions ?
Revoir les films de 1987 dans les meilleures conditions est aujourd'hui plus accessible que jamais, à condition de savoir où chercher.
Les plateformes de streaming proposent la majorité des grands titres de 1987 : Dirty Dancing, Lethal Weapon, Predator, Good Morning, Vietnam et The Untouchables sont disponibles sur plusieurs services selon les droits en vigueur. Au revoir les enfants de Louis Malle est régulièrement diffusé sur Arte ou accessible en VOD légale.
Les cinémas indépendants organisent régulièrement des rétrospectives. À Vichy et dans la région, le cinéma Le Paris propose plusieurs fois par an des soirées cinéma classique où les films des années 1980 trouvent leur place. Je vous encourage à surveiller leur programmation — il n'y a rien de comparable à regarder Full Metal Jacket sur grand écran avec un vrai son Dolby.
Les éditions physiques restaurées constituent également une option de qualité. La plupart des films majeurs de 1987 ont bénéficié de restaurations 4K, éditées en Blu-ray avec des suppléments souvent riches : entretiens avec les réalisateurs, coulisses, analyses critiques. Pour les cinéphiles qui veulent aller plus loin dans leur rapport à ces films, ces éditions sont incomparables.
Enfin, pour les amateurs d'histoire du cinéma, l'Encyclopédie Larousse du cinéma et la base de données de l'Institut Lumière à Lyon constituent des ressources sérieuses pour contextualiser ces œuvres dans leur époque.
1987 dans les festivals : une moisson de palmes
Les grands festivals internationaux ont, en 1987, récompensé avec une cohérence remarquable des œuvres exigeantes plutôt que des blockbusters — ce qui dit beaucoup sur l'état de la critique cinématographique de l'époque.
- Cannes 1987 : Palme d'Or à Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat ; Prix de la mise en scène à Wim Wenders pour Les Ailes du désir.
- Venise 1987 : Lion d'Or à Au revoir les enfants de Louis Malle.
- Oscars 1988 (pour les films de 1987) : Meilleur film étranger attribué à Le Festin de Babette du Danois Gabriel Axel ; Sean Connery consacré meilleur second rôle pour The Untouchables.
Quant au Festin de Babette, il illustre parfaitement comment un film nordique à tout petit budget peut s'imposer sur la scène mondiale à la force de son récit et de sa sensibilité. C'est aussi une magnifique ode à la gastronomie — un sujet qui me tient particulièrement à cœur, vous vous en doutez.
Pour aller plus loin sur l'histoire des festivals et les palmarès de cette période, la base de données officielle du Festival de Cannes est la référence.
Si vous cherchez d'autres idées de films à découvrir ou redécouvrir lors d'une soirée à Vichy, notre sélection de sorties culturelles sur osunset-vichy.fr peut vous aider à planifier votre soirée.
Questions fréquentes
Q : Quel est le film le plus célèbre sorti en 1987 ? R : Dirty Dancing est probablement le film de 1987 le plus connu du grand public mondial, grâce à son succès en salle (plus de 213 millions de dollars de recettes) et à sa bande originale iconique. En France, Au revoir les enfants de Louis Malle reste la référence absolue de l'année.
Q : Quel film français a gagné la Palme d'Or à Cannes en 1987 ? R : Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat, avec Gérard Depardieu et Sandrine Bonnaire, a remporté la Palme d'Or en 1987 — dans des circonstances mémorables et houleuses pour la salle du Palais des Festivals.
Q : Où peut-on regarder les films de 1987 en streaming légal ? R : La plupart des grands films de 1987 sont disponibles sur Netflix, Amazon Prime Video, Canal VOD ou OCS selon les droits. Au revoir les enfants est régulièrement diffusé sur Arte. Les offres changent fréquemment, il vaut mieux vérifier directement sur les plateformes.
Q : Y a-t-il eu des films de science-fiction marquants en 1987 ? R : Oui, deux en particulier : RoboCop de Paul Verhoeven (satire sociale habillée en SF d'action) et Predator de John McTiernan avec Arnold Schwarzenegger, qui a créé une créature extraterrestre entrée dans la culture populaire mondiale.
Q : Quel film de 1987 a remporté l'Oscar du meilleur film étranger ? R : Le Festin de Babette (Babette's Feast) du réalisateur danois Gabriel Axel a remporté l'Oscar du meilleur film en langue étrangère lors de la cérémonie de 1988, pour un film tourné en 1987.
Q : Les films de 1987 sont-ils accessibles en version restaurée ? R : Oui, de nombreux titres ont bénéficié de restaurations numériques en 4K, disponibles en Blu-ray ou sur des plateformes spécialisées. Full Metal Jacket, Dirty Dancing et The Untouchables notamment existent en éditions restaurées de très bonne qualité.
---
Léo Marsanne — Rédacteur lifestyle local à Vichy, il écrit sur les adresses, les balades et la culture auvergnate pour osunset-vichy.fr avec l'enthousiasme de quelqu'un qui a choisi ce territoire par amour, pas par obligation.